La musique soigne-t-elle vraiment ?
Depuis quelques années, l'intérêt pour les pratiques liées aux sons et à la musique explose. Entre sonothérapie et musicothérapie clinique, il est parfois difficile de faire la distinction. Pourtant, ces deux approches ont des fondements et des objectifs bien distincts. Si la sonothérapie vise principalement la relaxation et l’harmonisation énergétique à travers des sons, la musicothérapie dite ‘clinique’ quant à elle s’attache à un accompagnement thérapeutique personnalisé prenant en compte l’histoire sonore, culturelle et émotionnelle de chaque individu pour travailler sur des objectifs précis.
Sonothérapie vs Musicothérapie clinique : définitions et origines
La sonothérapie : une approche vibratoire et énergétique
La sonothérapie repose sur l'utilisation des vibrations sonores pour induire un état de relaxation profond. Gong, bols tibétains, diapasons ou encore tambours chamaniques peuvent être utilisés dans l’intention d’harmoniser le corps et l'esprit. Selon plusieurs études, les sons graves et continus favoriseraient la cohérence cardiaque et la détente musculaire (Goldsby et al., 2017).
La musicothérapie clinique : une approche individualisée et thérapeutique
La musicothérapie clinique est une discipline reconnue dans le champ médical et paramédical, utilisée en psychiatrie, en neurologie, en pédiatrie, et bien d'autres domaines. Elle vise à aider les patients à améliorer leurs capacités de communication, à réguler leurs émotions et à travailler sur leur identité sonore. Contrairement à la sonothérapie, qui applique des principes généraux sur les bienfaits du son, la musicothérapie clinique considère que chaque individu possède un vécu sonore unique. En effet, les sons perçus comme apaisants par une personne peuvent être anxiogènes pour une autre, en fonction de son histoire, de son environnement culturel et de son expérience personnelle.
En France un musicothérapeute clinique suit un cursus Universitaire qui lui assure un savoir théorique, pratique et clinique en psychologie, neuropsychologie, psychiatrie, psychopathologie, neurophysiologie de la musique et développement personnel, lui permettant de proposer une approche personnalisée et adaptée à chaque patient.
La musicothérapie clinique se divise en deux grandes approches : la musicothérapie active et la musicothérapie réceptive.
Il est également possible de combiner les deux approches, en utilisant à la fois des éléments actifs et réceptifs au sein d’une même séance, afin de répondre aux besoins spécifiques du patient.
Ces deux approches sont adaptées en fonction des besoins des populations concernées et permettent d'apporter une réponse personnalisée, en fonction du vécu sonore de chaque individu, de ses émotions, de ses capacités de communication et de son identité sonore unique.
Une méta-analyse récente montre que la musicothérapie réduit significativement l'anxiété et la dépression chez les patients souffrant de troubles psychiatriques (Aalbers et al., 2017). En France, la musicothérapie clinique est de plus en plus présente dans les établissements médicaux, notamment en soins palliatifs, en psychiatrie et en rééducation neurologique. Plusieurs formations universitaires, comme celles proposées à l’Université de Montpellier ou de Paris-Descartes, permettent d’obtenir un diplôme en musicothérapie, garantissant une approche rigoureuse et fondée sur des bases scientifiques.
Quelle approche choisir selon vos besoins ?
Bénéfices d’un accompagnement en musicothérapie clinique : l’exemple de N. :
Un enfant que j'ai accompagné dans un centre de loisirs venait d'arriver en France. Bilingue, il avait des difficultés à communiquer avec les autres, d'autant plus qu'il présentait un trouble du spectre de l'autisme. À son arrivée, il ne parlait pas du tout et avait du mal à exprimer ses émotions, ce qui engendrait un sentiment d'exclusion et de frustration, souvent traduit par de l'agressivité envers ses camarades.
Grâce au jeu offert par la musicothérapie active, il a trouvé un moyen d'expression alternatif, lui permettant d'explorer ses émotions et les relations sociales dans un cadre plus bienveillant et moins hostile que celui dans lequel il évoluait auparavant. Ce qui l'a particulièrement “branché” (et c'est le cas de le dire !) était le micro et l'ampli que j'apportais en séance, ce qui l’a encouragé à utiliser sa voix pour s’exprimer. Les autres enfants adoraient aussi ces instruments, ce qui a créé une dynamique collective. Travailler avec des consignes de jeu précises, visant à développer l'écoute, le jeu à tour de rôle et l’empathie, a permis de renforcer les liens au sein du groupe (une expérience en somme qui m'a amené à me demander si la musicothérapie n'aurait pas plus sa place dans les écoles, tant ses bienfaits sont évidents, comme c’est déjà le cas en Angleterre, par exemple…).
En parallèle, j'ai mené un travail de sensibilisation au handicap avec ses camarades, ce qui a profondément changé l'atmosphère dans la classe. Au début, les enfants avaient du mal à comprendre ses réactions, ce qui amplifiait les tensions. Après plusieurs sessions, ils ont appris à interagir avec lui avec beaucoup plus de pédagogie et de bienveillance. Ce soutien collectif lui a permis de se sentir mieux compris et accepté. À la fin de l’accompagnement, il avait acquis un vocabulaire de base en français, incluant les prénoms de ses camarades, les couleurs et les noms des animaux. Il avait également développé une relation plus harmonieuse avec eux, montrant presque plus d’agressivité et une confiance en lui bien accrue.
Pourquoi choisir mon accompagnement en musicothérapie clinique ?
En tant que musicothérapeute clinicienne, j’accompagne enfants et adultes dans un cadre bienveillant et adapté à leurs besoins. Spécialisée dans les troubles du langage et de la communication, je propose des séances personnalisées pour aider à débloquer l’expression et réduire l’anxiété par le biais de la musique. J'intègre également des approches réceptives favorisant la détente et la régulation émotionnelle.