Chanter, même faux, c’est bon pour le corps, le cœur et le collectif : ça soigne, ça relie, et ça fait naître des révolutions.

Avant même de penser aux notes ou au souffle, il y a la posture.

Les chants sont considérés comme patrimoine culturel de l’humanité et, partout dans le monde.

Par Lucie Morales

🌀 LA VOIX, UN INSTRUMENT VIVANT

Chanter, c’est bien plus qu’utiliser ses cordes vocales : c’est le corps entier qui chante. Chaque muscle, chaque respiration, chaque émotion participe à la vibration de la voix. Avant toute technique, il y a la détente - le souffle, la posture, la présence à soi.

⟡ Quand le corps est libre, la voix peut sortir plus naturellement ⟡

Le chant devient alors un prolongement du souffle, un mouvement vivant.

Le chercheur et chanteur Frank Kane, spécialiste des chants traditionnels de Géorgie, a participé à une étude fascinante : on lui a posé des micros sur le corps entier, jusqu’aux orteils.

Résultat : lorsqu’il chantait, tout son corps vibrait, des pieds à la tête. Même ses orteils émettaient un son détectable dans les micros.

Cette expérience illustre à quel point tout le corps participe à la production vocale, soulignant l’importance d’une approche somatique - qui prend en compte le corps dans sa globalité - plutôt qu’une approche centrée uniquement sur les cordes vocales, comme c’est souvent le cas dans certaines méthodes plus traditionnelles (par exemple souvent dans les conservatoires).

Un son n’est jamais un son unique. Comme la lumière blanche contient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, une note chantée contient plusieurs harmoniques : de petites vibrations, sons, plus fines qui colorent le son et créent ce qu’on appel le timbre.

🌀 LES HARMONIQUES - LES COULEURS DU SON

Dans certaines traditions vocales - par exemple les chants corses, sardes ou géorgiens - les chanteurs travaillent particulièrement sur les harmoniques. Concrètement, c’est quand une note que l’on chante contient plusieurs sons en même temps.

Ces chanteurs apprennent à sentir comment le son vibre dans tout le corps, comment plusieurs sons peuvent se mêler et créer un effet riche et vibrant.

On peut imaginer cela comme un peintre qui prend une seule couleur et découvre toutes ses nuances cachées : chaque note devient plus profonde, plus résonante et plus vivante.

🌀 LE SOUFFLE ET LE SOUTIEN

Le souffle est la base de tout chant. Dans les aigus notamment, penser le son vers le bas aide à garder l’ancrage et à éviter la tension. Le soutien ne se situe pas dans la gorge, mais dans le corps entier : un mouvement coordonné entre diaphragme, muscles profonds et plancher pelvien.

🌀 LE CHANT ET LE NERF VAGUE

Au cœur de tout cela, un fil invisible : le nerf vague, ce grand messager du système parasympathique. Il relie le cerveau à de nombreux organes essentiels : le cœur, les poumons, la gorge, l’estomac, les intestins et d’autres viscères. Ce nerf joue un rôle clé dans la régulation automatique de notre corps : il ralentit le rythme cardiaque, abaisse la pression artérielle, favorise la digestion et module la réponse au stress.

Lorsque nous chantons, en particulier avec un souffle lent, régulier et détendu, nous activons le nerf vague. Cette stimulation déclenche une cascade de réponses physiologiques bénéfiques : elle diminue l’activité du système nerveux sympathique (responsable du stress), augmente la variabilité de la fréquence cardiaque (un indicateur de flexibilité physiologique et de bien-être), et favorise la libération d’endorphines et d’ocytocine, hormones liées à la relaxation et au plaisir.

En d’autres termes, chanter n’est pas seulement un exercice vocal ou artistique : c’est une véritable gymnastique interne qui harmonise le corps et l’esprit, favorise la sérénité et soutient l’équilibre émotionnel.


⟡ C’EST POURQUOI LE CHANT ⟡
— c'est avant tout une affaire de bonne santé nerveuse
un dialogue intime entre le corps • la respiration • la vibration

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Par Barbara Tillmann. Pourquoi la musique procure-t-elle autant d’émotions ? Comment votre cerveau traite-t-il les sons et, en retour, comment la musique le stimule-t-elle ? Quels sont les liens entre l'audition, le mouvement et la mémoire ? Un podcast en 6 épisodes qui explore les pouvoirs de la musique sur le cerveau.

Le magazine "Enquête de santé" sur France 5 se penche sur les bienfaits de la musique pour soulager les patients.

Lien ici : Francetvinfo.fr

La musicothérapie présente de nombreux bienfaits, que des études confirment depuis plusieurs années déjà. L'une des dernières en date, dont une synthèse a été publiée dans la revue American College of surgeons, souligne l’intérêt de la musicothérapie pour les patients au lendemain d’une opération. L'étude indique notamment une baisse de la sensation de douleur, de l’anxiété et même de la fréquence cardiaque.

Lire sur www.nationalgeographic.fr

La musique soigne-t-elle vraiment ?

Depuis quelques années, l'intérêt pour les pratiques liées aux sons et à la musique explose. Entre sonothérapie et musicothérapie clinique, il est parfois difficile de faire la distinction. Pourtant, ces deux approches ont des fondements et des objectifs bien distincts. Si la sonothérapie vise principalement la relaxation et l’harmonisation énergétique à travers des sons, la musicothérapie dite ‘clinique’ quant à elle s’attache à un accompagnement thérapeutique personnalisé prenant en compte l’histoire sonore, culturelle et émotionnelle de chaque individu pour travailler sur des objectifs précis.

Sonothérapie vs Musicothérapie clinique : définitions et origines

La sonothérapie : une approche vibratoire et énergétique

La sonothérapie repose sur l'utilisation des vibrations sonores pour induire un état de relaxation profond. Gong, bols tibétains, diapasons ou encore tambours chamaniques peuvent être utilisés dans l’intention d’harmoniser le corps et l'esprit. Selon plusieurs études, les sons graves et continus favoriseraient la cohérence cardiaque et la détente musculaire (Goldsby et al., 2017).

La musicothérapie clinique : une approche individualisée et thérapeutique

La musicothérapie clinique est une discipline reconnue dans le champ médical et paramédical, utilisée en psychiatrie, en neurologie, en pédiatrie, et bien d'autres domaines. Elle vise à aider les patients à améliorer leurs capacités de communication, à réguler leurs émotions et à travailler sur leur identité sonore. Contrairement à la sonothérapie, qui applique des principes généraux sur les bienfaits du son, la musicothérapie clinique considère que chaque individu possède un vécu sonore unique. En effet, les sons perçus comme apaisants par une personne peuvent être anxiogènes pour une autre, en fonction de son histoire, de son environnement culturel et de son expérience personnelle.

En France un musicothérapeute clinique suit un cursus Universitaire qui lui assure un savoir théorique, pratique et clinique en psychologie, neuropsychologie, psychiatrie, psychopathologie, neurophysiologie de la musique et développement personnel, lui permettant de proposer une approche personnalisée et adaptée à chaque patient.

La musicothérapie clinique se divise en deux grandes approches : la musicothérapie active et la musicothérapie réceptive.

  • La musicothérapie active implique la participation directe du patient, qui chante, joue d’un instrument ou improvise. Cette approche privilégie la production sonore et musicale, l’improvisation et la créativité, afin de travailler sur l’expression de soi et la communication. Les éléments musicaux tels que le rythme, la mélodie, le timbre ou l’intensité sont utilisés pour permettre à la personne de s'exprimer, de créer des liens et de travailler sur sa structuration identitaire.
  • La musicothérapie réceptive consiste à écouter des morceaux choisis ou improvisés afin de déclencher des réactions émotionnelles, cognitives ou physiologiques. Cette approche peut également être utilisée pour favoriser la détente et l'apaisement. Elle s’appuie sur les effets psychoaffectifs et psychophysiologiques de la musique, mis en évidence par les travaux actuels en neuropsychologie et neurobiologie. Dans un cadre thérapeutique, cette approche repose sur une relation d'écoute, qui favorise une association libre et une élaboration psychique, permettant au patient d'explorer ses émotions et son univers intérieur à travers la musique.

Il est également possible de combiner les deux approches, en utilisant à la fois des éléments actifs et réceptifs au sein d’une même séance, afin de répondre aux besoins spécifiques du patient.

Ces deux approches sont adaptées en fonction des besoins des populations concernées et permettent d'apporter une réponse personnalisée, en fonction du vécu sonore de chaque individu, de ses émotions, de ses capacités de communication et de son identité sonore unique.

Une méta-analyse récente montre que la musicothérapie réduit significativement l'anxiété et la dépression chez les patients souffrant de troubles psychiatriques (Aalbers et al., 2017). En France, la musicothérapie clinique est de plus en plus présente dans les établissements médicaux, notamment en soins palliatifs, en psychiatrie et en rééducation neurologique. Plusieurs formations universitaires, comme celles proposées à l’Université de Montpellier ou de Paris-Descartes, permettent d’obtenir un diplôme en musicothérapie, garantissant une approche rigoureuse et fondée sur des bases scientifiques.

Quelle approche choisir selon vos besoins ?

  1. Si vous recherchez une relaxation profonde et un rééquilibrage énergétique, alors la sonothérapie peut vous convenir.
  2. Si vous souhaitez travailler sur l'expression de vos émotions, vos difficultés de communication ou vos angoisses, la musicothérapie clinique est plus indiquée.
  3. Si vous cherchez un accompagnement thérapeutique dans un cadre clinique, la musicothérapie reste la seule approche reconnue dans le milieu de la santé.
  4. Si vous souhaitez simplement vous détendre par la musique dans un cadre structurant et bienveillant, la sonothérapie ou bien la musicothérapie clinique réceptive peut être une option intéressante.

Bénéfices d’un accompagnement en musicothérapie clinique : l’exemple de N. :

Un enfant que j'ai accompagné dans un centre de loisirs venait d'arriver en France. Bilingue, il avait des difficultés à communiquer avec les autres, d'autant plus qu'il présentait un trouble du spectre de l'autisme. À son arrivée, il ne parlait pas du tout et avait du mal à exprimer ses émotions, ce qui engendrait un sentiment d'exclusion et de frustration, souvent traduit par de l'agressivité envers ses camarades.

Grâce au jeu offert par la musicothérapie active, il a trouvé un moyen d'expression alternatif, lui permettant d'explorer ses émotions et les relations sociales dans un cadre plus bienveillant et moins hostile que celui dans lequel il évoluait auparavant. Ce qui l'a particulièrement “branché” (et c'est le cas de le dire !) était le micro et l'ampli que j'apportais en séance, ce qui l’a encouragé à utiliser sa voix pour s’exprimer. Les autres enfants adoraient aussi ces instruments, ce qui a créé une dynamique collective. Travailler avec des consignes de jeu précises, visant à développer l'écoute, le jeu à tour de rôle et l’empathie, a permis de renforcer les liens au sein du groupe (une expérience en somme qui m'a amené à me demander si la musicothérapie n'aurait pas plus sa place dans les écoles, tant ses bienfaits sont évidents, comme c’est déjà le cas en Angleterre, par exemple…).

En parallèle, j'ai mené un travail de sensibilisation au handicap avec ses camarades, ce qui a profondément changé l'atmosphère dans la classe. Au début, les enfants avaient du mal à comprendre ses réactions, ce qui amplifiait les tensions. Après plusieurs sessions, ils ont appris à interagir avec lui avec beaucoup plus de pédagogie et de bienveillance. Ce soutien collectif lui a permis de se sentir mieux compris et accepté. À la fin de l’accompagnement, il avait acquis un vocabulaire de base en français, incluant les prénoms de ses camarades, les couleurs et les noms des animaux. Il avait également développé une relation plus harmonieuse avec eux, montrant presque plus d’agressivité et une confiance en lui bien accrue.

Pourquoi choisir mon accompagnement en musicothérapie clinique ?

En tant que musicothérapeute clinicienne, j’accompagne enfants et adultes dans un cadre bienveillant et adapté à leurs besoins. Spécialisée dans les troubles du langage et de la communication, je propose des séances personnalisées pour aider à débloquer l’expression et réduire l’anxiété par le biais de la musique. J'intègre également des approches réceptives favorisant la détente et la régulation émotionnelle.